C’est vrai qu’on pouvait monter en tramway à MSA avant ?

Eh oui ! Au début du XXe siècle, un tramway électrique reliait le centre de Rouen et Mont-Saint-Aignan. Les lignes 12 et 18 transportent alors les passagers vers notre commune à l’allure vertigineuse de 20 km/h !

 

Et quand on sait que Mont-Saint-Aignan est située à plus de 160 mètres au dessus de la vallée rouennaise, on imagine facilement la joie des habitants lors de l’inauguration des lignes de tramway. La première, la ligne 12, est ouverte le 6 février 1908 et relie l’église Saint-Sever aux barrières Saint-Maur (à l’intersection des rues Saint-Maur et de la Corderie).

On peut voir, sur l’image ci-dessous, le tramway atteindre son terminus et effectuer le trajet retour sous la conduite de son wattman (nom du chauffeur de tramway, chargé de dispenser la puissance électrique – en watts – au moteur). On peut aussi remarquer sur la partie droite, au premier plan, la personne chargée de changer la perche de la ligne aérienne.

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Enfin une ligne pour monter !

Le 14 mars 1913, une deuxième ligne vers notre commune est inaugurée : la ligne 18 qui part du pont Corneille et dessert la mairie de Mont-Saint-Aignan en passant par la cavée Saint-Gervais. L’événement est tel que certains conseillers municipaux souhaitent offrir un grand banquet en l’honneur du tramway ! Mais le maire Alfred Campmas s’oppose à cette fête car le trajet de la ligne fait tout de même quelques mécontents : « Ce projet, après examen, a du être abandonné, l’exécution devenait difficile alors que par suite de la géographie du territoire, il serait difficile d’obtenir toutes les sympathies des habitants à la réalisation d’un semblable projet. »

C’est d’ailleurs ce qu’il dit aux membres de la commission chargée de la reconnaissance de la ligne lors de l’inauguration, faisant part de son souhait que « dans un temps rapproché le parcours soit prolongé jusqu’à Saint-Aignan avec retour sur Rouen de façon à ce que le territoire de la commune de Mont-Saint-Aignan soit complètement desservi ! »

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Le réseau de l’agglomération rouennaise ne souffrit pas excessivement de la Première Guerre mondiale, excepté une courte désorganisation lors des mobilisations de l’été 1914. En effet, après avoir augmenté les heures supplémentaires des wattmen, la compagnie d’exploitation autorise les femmes à conduire les tramways dès 1916.

La ligne 18, cependant, qui emprunte la cavée Saint-Gervais puis l’avenue du Mont-aux-Malades, leur reste interdite : on estime en effet que seuls des hommes, en raison de la forte pente, peuvent être au volant sur cette ligne « difficile ». Mont-saint-Aignan ne verra donc pas de wattwoman…

En 1937, c’est la fin du tramway de la ligne 18. Les trolleybus, ces bus électriques alimentés par voie aérienne, font leur arrivée et ces engins plus maniables remplacent les vieux tramways sur les lignes de Sotteville, de Saint-Étienne-du-Rouvray et de Mont-Saint-Aignan.

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Le tramway rouennais : premier réseau électrique de France


CC Antonov 14/Alain Mala.
En 1908, lorsque Mont-Saint-Aignan est desservi pour la première fois par un tramway au niveau de la rue Saint-Maur, le réseau rouennais s’étend sur environ 37 km de lignes (c’est alors le réseau électrique le plus important de France). Toutes les 20 minutes, une voiture s’arrête grâce aux trois convois qui peuvent circuler sur chaque trajet. Mis en service en 1877 et électrifiés en 1896, les tramways de la Compagnie des Tramways de Rouen fondée par Gustav Palmer Harding, un représentant de la firme Merryweather, sillonneront les rues de l’agglomération rouennaise durant 76 ans. Éprouvé par la Première Guerre mondial, puis par l’arrivée des voitures, des autobus et des trolleybus, le réseau reçut le coup de grâce avec la Seconde Guerre mondiale : sur les 76 motrices circulant en 1939, 24 étaient détruites, beaucoup de voies et de lignes aériennes se trouvaient en piteux état et les dépôt avaient été bombardés. La fermeture définitive du tramway fut décidée : le samedi 28 février 1953, le dernier convoi traversa l’agglomération sous les vivats de la foule.

Le tramway à l’entrée de la cavée Saint-Gervais.

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Le trolleybus de la ligne Village-Rouen.

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